Week end du 12/13 août - Au Sud de Stockholm

Publié le par EJSTO

Södemalm


Södermalm restait le quartier que je voulais absolument visiter, c'est chose faite et je ne suis pas déçu. Il y règne une certaine jeunesse et une certaine liberté. Des rockers interprétaient des classiques du rock'n'roll sur une place devant des vieux du rock, qui applaudissaient émus. J'ai regretté que Marie ne soit pas là, je la voyais déjà danser au milieu de la foule avec ses chemises de cow-girl. Plus loin dans un square, c'était la vraie invasion de hippies, et ce de tout âge: quadras cheveux ceintrés de tissu brilliant, hippies chics... je dirais même bobos. Il y avait un grand rassemblement de filles au look un peu dans ce style, assises dans l'herbe par dizaines, conversant toutes ensembles, je me suis demandé: hippies? Féministes? Voir sorcières Wiccas? Je vais un peu loin mais rien ne m'aurait étonné. Södermalm est pour le reste très hétéroclite: centre commercial avec enseigne à l'américaine, néon tournoyant au dessus d'un mat, maisons en bois traditionnelles, immeubles colorés comme à Gamla Stan et cette place étrange, ci dessous en photo, dont la géométrie du bâtiment et des jardins m'a frappée.


 


 



Färfabriken

Source


J'arrive vers 15h à Färfabriken, située dans l'île de Liljeholmen, île couverte d'entreprises et de zones industrielle. Il s'agit d'un laboratoire et d'un lieu d'exposition d'Art contemporain installé dans une usine désaffectée: j'adore le concept, le côté très urbain et underground. Non loin de là, une maison décrépie et tagée, recouvert du symbole de l'anarchie, bien que peu séduit par l'anarchie je reste en admiration devant l'apparence des lieux, le côté squat, des usines et du béton partout, de l'Art contemporain et des anarchistes, il ne manquait plus qu'une bande son trip-hop. J'y découvre le travail d'un artiste suédois, Ola Pehrson, qui analyse le côté mécanique de l'être humain. Ses êtres ont des voix virant sur le robotique et s'expriment par impulsions électriques. J'ai particulièrement aimé cette performance filmée il y a quelques années où il a habillé une chorale en costume cravate avec pour chaque chanteur le badge d'une entreprise côtée en bourse. Ensuite était diffusé en direct, avec une partition et une entreprise par chanteur, le cours de la bourse traduit en notes de musique... la chorale interprétait ainsi la situation financière, en musique! J'ai trouvé ça à la fois drôle et pessimiste au possible, et j'ai été frappé par le sérieux des interprètes. Un logiciel généré par le même artiste mais seulement présenté sur le papier à l'exposition, maitrisant une base de vocabulaire et de grammaire ainsi qu'une base de citation de poésie célèbre, était capable de générer de la poésie par lui-même... belle remise en cause de l'Art qui perd tout son caractère sacré. La salle grondait pour le reste de voix mi-humaines, mi-machines et de rythmes électriques, des objets du quotidiens transformés en motifs effrayants. En sortant, je n'ai pas le temps de m'arrêter au café mais ce sera pour une prochaine fois... au milieu des palettes en bois, toute une ambiance. Vivement la prochaine exposition, c'est gratuit et ça vaut 100 fois un musée lambda.

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